C’est une fin de journée assez longue que nous venons de vivre à Dublin, en effet, sur la dernière main de la journée, c’est Saber Harrazi qui demande 22 700 jetons sur un board : [9h] [ts] [7h] [ad] [6c] à son voisin qui au bout d’une vingtaine de minute va finir par jeter. Mais ce coup résume entièrement la journée de Saber qui n’a pas forcément joué de gros coup mais de petits coups en petits coups il parvient à mettre en sac 274 500 jetons .. Soit plus de 13 fois le stack de départ !
Une journée assez remplie puisque 13 niveaux de 45 minutes ont été joué. Au total ils étaient 336 entrants sur ce Day 1A mais un tiers du field reviendra pour le Day 2 Samedi.
Dans les dernières mains de la journée, c’est Clément Thumy qui a utilisé sa deuxième cartouche mais pas forcement dans le meilleur des sens puisqu’il a perdu ses 70 000 jetons avec un 3bet [as] [kd] payé par son voisin, ils découvrent un flop : [Ah] [6d] [6c] ou il cbet à 7000 mais son voisin raise à 15 000 il paye et sur la turn [8h] , il paye les 21 000 demandé puis paye le restant de son tapis sur la river [jh] river pour découvrir [8s] [6s] en face !
Ils n’ont pas passé le Day 1 : Clément Thumy, Flavien Guenan, Romain Chauvassagne, Aurelien Guiglini, Gaelle Baumann, David Boivert, Steven Moreau, Quentin Lecomte, François Robert, Aurélie Quélain, Adrien Delmas, Moundir, Raymond Santucci, Ludovic Riehl, Clément Giraudo, Sylvain Loosli, Michel Abecassis, Lulu Gainsbourg, Laurent Hadot, Damien Lhommeau !
Et pour Samedi nous retrouverons : Pierre Calamusa, Davidi Kitai, Adrien Guyon, Antonin Teisseire, Ivan Deyra, Timothée Marlin, Corentin Ropert, Mathieu Lamagnere, Olivier Dumont, Louis Linard
Voici le chipcount complet :
HARRAZI SABER
274500
SINKEVICIUS IGNAS
193700
ELFVERING BERNARD
191900
SAADA BENJAMIN
188400
JAAKSON OTT
181400
CHEVALOT ERIC
165600
LEBEAULT LUDOVIC
145700
LELONG FRANCK
139500
BEY ALEXANDRE
138600
KITAI DAVIDI
132700
ROPERT CORENTIN
132600
LAUNAY JEROME
123000
L HOSTIS JEROME
119600
ROCHE OLIVIER
118400
LAMAGNERE MATTHIEU
117000
LEFEBVRE ROMAIN
115700
FABRE FLORIAN
115300
GUYON ADRIEN
114500
COMBE JEAN FRANCOIS
114400
BRENNAN KEITH
113500
MERCERON NICOLAS
111600
MOHAMED ABDIEN NABIL
111400
DUMONT OLIVIER
110900
KIEN MAXENCE
108100
PATRICK CLARKE
105300
CALAMUSA PIERRE
102000
DESNUES NICOLAS
97300
MARLIN TIMOTHEE
92500
DUPRAZ ISABELLE
92400
LORMELET MICHAEL
85800
VOINEA IONUT
84900
AUGE REMI
84700
MALLET GREGORY
83300
LINARD LOUIS
82700
MAITRE AMAURY
78200
THEVENET THIBAUT
75000
GIORDANO ROBERT
74000
BRUCKER DRIEU
73600
MASTERS DAVE
73500
SEFFOUHI MESSAOUD
72800
CHOUVIER LAURA
72600
WALUGA FREDERIC
72100
TEISSEIRE ANTONIN
68900
RAVIER ERIC
67800
JOURDY HUGO
66200
CHILAUD MAXIME
63000
MOTTET CYRIL
62300
LEHMANN ALAIN
60700
DIERKS CHRISTIAN
60400
MULETA PATRICK
59000
EL FASSY JEREMY
57100
BLANC ALEXANDRE
56600
PINCHON ALAIN
56000
FAVENNEC FLORIAN
52900
DE NAS DE TOURRIS GHILAIN
50000
JARGIC STEPHANE
49000
SASTRE-GARAU THEO
46000
SAMADET EDOUARD
45700
MC CORMACK ROBBIE
45500
PAIRO RICHARD
43100
RATAJCZAK ROMUALD
42600
BALLESTEROS AURELIEN
41900
CONTRERAS GERARD
41800
LO IACONO JEAN NOEL
41600
DAMEZ JERRY
41400
BAILLY MAXIME
40700
PAPAZOGLOU THOMAS
38900
COGO ANDREA
37400
ARNOULT JOFFREY
35500
HEROLT YANNICK
35200
BARDE ALAIN
35100
FEVRE THIBAULT
34500
PIERRE MICKAEL
33900
BERTHOD SEBASTIEN
33000
WAMSTER ALAIN
31600
GOURLAIN MATHIEU
28900
MIGNOT LAURENT
28400
JEAN VALENTIN
27000
GOBY FABIEN
26000
BOURG NICOLAS
21500
RABADAN PIERRE
21400
CHARTIER MAX
20600
DEYRA IVAN
20400
GARCIA SEBASTIEN
20000
WATTELET VINCENT
15200
DOWLING CHRISTOPHER
12900
STEPHAN JULIEN
10800
.
Pour ma part, je vous donne rendez vous dès demain à midi pour le début du Day 1B de ce WPO ! Bien entendu nous allons nous reposer de suite pour être dans la meilleure des formes demain !
C’était prévu, et le début de journée (qui va donc accueillir les deux dernier Day 1 du Main Event de la finale WiPT) du vendredi 4 avril a tenu toutes ses promesses : foule en continu, re-entry intempestifs pour avoir le droit de continuer à rêver de l’épée réservée au vainqueur, qui sera adoubé lundi dans la journée. D’ici là, il faudra manoeuvrer au milieu des cartes comme au milieu des files d’attente de nouveaux entrants. Plus de 1100 inscrits, déjà, pour ce Day 1e, et un petit tour de salle signé Jules Pochy, en quête de visages connus (Almira Skripchenko, en Une) et inconnus.
Les salles ne désemplissent pas, en attendant de pouvoir s’asseoir au Day 1e
La streameuse Lyegaia et son élégance naturelle
Davidi Kitai, incontournable
Rémy Biechel, élu joueur préféré du stand presse des plus de quarante ans
Fred Musa, animateur de Planète Rap et WIP régulier
Slimane Mamèche, et son sourire franc illuminent la table
Petit à petit, le field se rapproche « de l’argent ». Une obsession pour ces milliers de joueuses et joueurs qui se déplacent parfois depuis l’autre bout de la France afin de s’offrir un shot au prizepool juteux proposé par ce tournoi à seulement 500€ ? Pas certain, ou en tout cas, pas obligatoirement pour tout le monde. L’obsessions d’entrer dans l’argent (souvent pour un gain marginal, à moins d’atteindre le Top 20 du tournoi, surtout lorsqu’on a mis plusieurs bullets dans le tournoi, jusqu’à sept pour les plus opiniâtres) relève plus du défi personnel —inscrire sa première ou son énième ligne HendonMob, raconter à ses amis son run avant son badbeat qui met une halte définitive à tout rêve d’argent et de gloire— que d’un plan de carrière. Les pros, on le sait, sont de moins en moins présents dans les fields de poker, ce jeu de hasard et de talent (dans l’ordre inversé) étant devenu pour beaucoup un loisir, une récréation, une parenthèse qu’il faut garder enchantée.
Rien de plus frustrant pour un joueur, en effet, que de ne pouvoir jouer ; au piquet, pour celui qui s’interdit de jeu comme pour celui qui y est tricard du boléro. En montant le long escalator qui amène au premier étage du Pasino Grand d’Aix-en-Provence, on glisse lentement, dans le brouhaha des jetons et des files de joueurs en attente d’un siège, au beau milieu des fanions qui ornent les murs, célébrant vainqueurs et héros du Winamax Poker Tour au fil des années. Parmi les visages en gros plan, cadrés serrés, une seule photo de groupe : celle de la « Team Big Roger », victorieuse en 2013 du seul tournoi par équipe proposé lors de ces festivals. Sur l’affiche, trois visages souriants, ceux de Stéphane Bazin (depuis très rare sur le circuit poker), Antonin Teisseire (omniprésent lors des tournois du sud-est de la France et sur le circuit Partouche) et Roger « Big » Hairabedian. Ce dernier, nous en avons déjà parlé in extenso lors d’une plongée tête la première dans son éternelle télé-(ir)réalité qu’il autoproduit chaque jour ses réseaux sociaux, annonce son éternel come-back. Mais ses courbes émotionnelles, tout aussi ascendantes que descendantes, ont rendu l’opération de plus en plus délicate. Chaque espoir s’ouvre teinté d’une seule crainte pour l’observateur empathique : que rien ne voie le jour, que tout s’effondre avant d’avoir été monté, voire simplement esquissé.
On ne croisera pas Roger Hairabedian à Aix-en-Provence au WiPT 2025. Contempteur du online, ce n’est pas pour cette raison qu’il aura décidé de skip un large field comme il les aime ; il est tout bêtement interdit de tous les casinos Partouche. L’homme a du talent —il en a toujours eu et, peu importe les années qui passent, il sait signer quelques places dans les casinos qui l’accueillent encore, comme le Circus à Paris— mais aussi celui de se mettre à dos la terre entière, avec quelques obsessions à la clé en sus. On ne sait jamais vraiment, dans les nébuleux rebondissements qui peuplent ses dérives intimes, quelles sont les véritables raisons de ces interdictions de casino, fâcheries diverses et vendetta en ligne. Peut-être, finalement, n’est-ce d’ailleurs pas la question principale…
« Les centaines de choses que l’on a faites de travers dans la vie. Pas forcément à dessein : elles ont pu se produire par stupidité, maladresse, inconscience, par mégarde, pure connerie, sans arrière-pensée« , lisait-on justement à quelques minutes du coup d’envoi du Day 1E en incipit d’un roman sublime, Jours blancs (Jeroen Brouwers, 2013), sous le regard étincelant du Big Roger gagnant d’il y a une décennie. Le regard, depuis, s’est fait plus dur —parfois lucide, parfois désespéré, souvent encore joueur. « Il arrive qu’un souvenir insupportable s’en échappe, et pénètre soudain votre cerveau, pareil à un cambrioleur qui vous jette une corde à piano autour du cour, et nous serre la gorge. » Le souvenir de la victoire, de la gloire et de l’argent étrange ainsi au quotidien ceux qui ont connu de telles cimes ; la respiration de ce millier d’anonymes qui se presse sur l’escalator menant à la table de tournoi n »est que régularité et stress positif.
Que faire, lorsqu’on ne peut plus jouer ? Lorsqu’on vit à distance les grands évènements sans, parfois, ne pouvoir y participer ? A l’époque de champions sublimes comme Stu Ungar, c’était la brokitude qui interdisait toute action. Dans sa biographie, écrite par Nolan Dalla (Joueur né, 2008), l’ancien champion du monde tourne en rond, imaginant les caves s’envoyer en l’air pendant que lui rumine dans sa chambre d’hôtel miteuse du Gold Coast, à Las Vegas. En 2025, Roger Hairabedian a inventé d’autres expédients, intronisant à quelques semaines des grandes compétitions de l’année (WiPT, WSOPC, WSOP Vegas) une joueuse inconnue, Céline « Douceur » Beauchamp, 716$ au compteur de sa page HendonMob. Aux antipodes, donc, de Roger Hairabedian, 11ème joueur all time français et ses quelques 5 500 000$ de gain. On imagine, assez simplement, un contral moral de stacking avec celle qu’il estime « prête à faire de grandes choses dans le poker », sans en connaître plus de détails.
A la hargne et la grinta du parrain Hairabedian, succèderait donc la « douceur » de sa néo-protégée, Céline Beauchamp, qui a cette double tâche muette d’adoucir l’image du mentor et d’aller chercher la gagne là où les portes lui sont désormais fermées. Croisée par hasard à table lors du Day 1C de la finale du WiPT, on ne lui aura pas porté chance, puisqu’elle va sauter quelques secondes plus tard du tournoi principal. Si l’argent et la gloire médiatique sont au choix les deux mamelles qui sous-tendent le monde depuis l’époque pas si révolue de Jean Yanne (pour les plus jeunes, réalisateur & acteur anar-libertarien des années soixante), vivre par procuration le jeu, ses frissons et ses enjeux narcissiques, semble relever d’un lent supplice qu’on ne saurait conseiller à ses pires ennemis. Comment continuer à être, lorsqu’on a été ? Parmi la foule qui s’amasse au fur et à mesure que nous écrivons ces lignes, il y a sûrement dans cet horizon de rêves flottants au-dessus de chaque siège bien des nuances de fantasmes : l’action, le fun, la légende, la victoire et même la perte. Rien ne va plus, faites vos jeux.
Avec plus de 1000 entrées cumulées sur les Day 1c et 1D, la montée en puissance de la finale du WiPT n’a pas déçu les observateurs : salle comble, aucune attente, bonne humeur omniprésente – c’est le sans faute absolu aussi bien en local grâce au staff du Pasino Grand que du côté des équipes Texapoker et Winamax. La journée s’est finie tard dans la nuit et on a vu, entre autres, le WIP Moundir passer haut la main la journée, avec un beau tapis. Découvrez le chipcount des joueurs ITM et qualifiés pour le Day 2 ici