Ah, la poésie de la tour Trump au petit matin ! Mais revenons-en au Day 1B du World Championship, pour lequel la salle s’est remplie beaucoup plus vite qu’hier. Durant mon premier tour des tables, au deuxième niveau (300-600), je tombe sur un pot dont le montant me semble un chouïa disproportionné. Tony Tran vient d’envoyer 25k dans 55k, sur un flop 3 de trèfle, 4 de carreau, 9 de carreau, turn Dame de carreau. Longue réflexion de son adversaire qui finit par laisser aller.
Tony Tran n’a pas tranblé
Sur les écrans, le match Argentine-Croatie est diffusé en direct, mais les joueurs restent pour l’essentiel concentré sur l’action. Quelques figures connues qui remettent une boulette après leur échec d’hier :
Robel Andemichael
Brian Altman
Faraz Jaka perd un gros coup juste devant moi au moment où je le prends en photo : sur un pot à 25k avec un flop 9 de coeur, 7 de trèfle, 5 de coeur, une turn 6 de carreau, il relance de 8k, payé par son adversaire en position, avant de voir une mise de 50k arriver à la river après avoir checké sur un 8 de pique qui complète une quinte rainbow sur le board. Il jette ses cartes assez rapidement, apparemment dans l’incapacité de montrer un 10.
On trouve toujours parmi les revenants Mikita Badziakouski, Jeremy Ausmus, Bill Klein, Henrik Hecklen, et également Freddy Deeb, qui a eu la gentillesse de m’accorder une interview que vous retrouverez bientôt dans Poker52.
Le quatrième Day1 de la finale WiPT vient de débuter il y a deux heures et on compte déjà 134 entrants – surtout de la part de malgreux éliminés du jour précédent… Avant la cohue du 1E 35 en parallèle des 936 joueurs du Day 1C doté d’une bulle à 156 joueurs, une vingtaine de qualifiés devraient se sortir de ce turbo de nuit. Petit tour du field par Jules Pochy.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.