L’envers du décor de la scène télé, en exclusivité pour Poker52.
Pierre-Alexandre Danty n’a pas de chance et part à tapis avec 130K et paire de 8 – il tombe sur paire de 9 chez son adversaire et saute à la 119ème place (objectif 106 rappelons-le).
A l’autre bout du spectre, une nouvelle présence dans la catégorie des tapis énormes : Maxence Vié.
Les piles de jetons oranges devant lui sont des 25000. Kool Shen est toujours vivant (légèrement en-dessous de l’average à 280K), tout comme Aurélie Réard, à sa droite, qui n’a pas bougé de toute la journée. Gaëlle Baumann, Romain Lewis, Dourbie étaient toujours là à mon dernier passage en tables télé.
Le compteur reste bloqué à 112 pendant un bon moment, et soudain la foudre frappe dans un ciel serein. Papineau ouvre toutes ses mains à sa table en profitant de son tapis énorme. Une première fois, il est relancé à sa gauche par Moulay Toujri et jette. La seconde – la main d’après – il réfléchit un long moment, change la musique qu’il écoute sur son téléphone, avant de partir à tapis. Toujri paye avec paire de 9 et Papineau retourne paire de 10, qui tient. Il est maintenant monstrueux. Quand les autres joueurs lui font remarquer qu’il a dû changer de morceau pour prendre sa décision, Papineau explique qu’il ne veut pas ruiner sa chance avec un son pas terrible.
La pile de Papineau
Moulay Toujri
Toujri pourrait regretter sa décision, d’autant qu’il y avait de nombreux tapis plus petits que les siens (environ 200K quand il part à tapis), mais il est difficile de ne payer paire de 9 face à un joueur qui agresse en permanence. Sans doute le bas de range, il aurait possiblement jeté paire de 8 dans le même spot.
On descend rapidement jusqu’à 107 joueurs mais soudain la bulle dure deux heures et demie et tout le monde souffre intensément, d’autant qu’il n’y aura pas de deuxième chance pour tous ceux qui s’accrochent (le late reg du Day 1D est terminé depuis longtemps).
Le salon égyptien accueille le Day 1D
La libération vient après cette longue attente avec l’élimination de Rémy Cougnenc, malheureux bubble boy qui met fin à la torture et renvoie les joueurs chez eux. Demain le Day 1D va certainement démarrer sur les chapeaux de roue, tous les joueurs restants étant payés, nombre d’entre eux devraient essayer de doubler rapidement pour se donner des chances d’améliorer leurs aspirations.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.