186 entrants pour ce Day 1A ici à Ribeauvillé, 193 joueurs étaient présent l’an dernier mais si vous voulez mon avis le Day 1B va très certainement bien compenser ce léger déficit, on m’annonce dans l’oreillette que certains joueurs sur Paris prennent le train demain matin très tôt pour pour participer à ce beau tournoi !
Mais revenons sur ce day 1A avec la fureur de Samir Hadj Nacer qui termine chipleader de cette journée avec 433 000 jetons :
Nous retrouverons demain : Brian Benhamou avec un stack confortable, Gilles Huet, Nicolas Le Floch, Morgan Aguilera, Ali Racherdi, Camel Meriem après avoir utilisé la touche re-entry, Jean Claude Loustau, et seulement deux féminines avec :
Françoise Souvannovon et Marie Furtoss :
85 joueurs rejoignent donc le Day 2 à 21h demain.
Chipcount complet :
SAMIR
HADJ NACER
433000
THEO
SCHMITT
314700
ERICH
TEDESCHI
286600
LUDOVIC
ROPERTO
280000
TANTELY
RAKOTOARISOA
237200
HERVE
TROUILLET
212300
MIKAIL
GUYOT
205100
NICOLAS
LE FLOCH
203400
BRIAN
BENHAMOU
202700
SYLVAIN
PARTOUCHE
201900
ERIC
MARIEN
198100
MAXIMILIEN
WERTH
195800
ALI MOHAMED
RACHEDI
194600
PHILIPPE
STIMPFLING
176700
MARIE
FURSTOSS
175900
JULIEN
KRON
171500
OLIVIER FRANC
DINAND
169300
AHMET
TAS
168100
VINCENT
BURY
161500
PHILIPPE PAIVA
FRANCISCO
157700
PIERO LUIGI
CESARI
157400
JEAN CLAUDE
LOUSTAU
154400
NASRODIN
PIRMAMOD
153300
MORGAN
AGUILERA MORENO
142000
THIERRY
FIRMERY
140100
ANGELO
KOBI
137800
CHRISTOPHE
SCHNEIDER
131700
PIERRE
SEITER
125000
DAMIEN
BESANCON
123200
MARC
BENTZ
123100
RAPHAEL
LUPFER
122400
FRANCOISE
SOUVANNAVONG
120200
SALVATORE
VADALA
120000
GILLES
NIGRO
119500
KARL
URBIN
117000
ARNAUD
LEFRIQUE
115800
JEAN
KLAUTH
114200
FRANCESCO
ZANIN
109500
ERIC
JOSS
108600
MEHDI MUSA
KAYA
106400
GILLES
HUET
105500
THIERRY
GUERRET
103500
THIERRY
KWASNY
95200
SALAH
REBANI
95000
JURGEN
KOPP
94700
FARID
MESSIOUD
91500
ALAIN
BOHN
90000
CAMEL
MERIEM
85700
CYRIL SIMON JEAN PIERRE
MARCQ
84500
QUENTIN
JUNG
82500
DIDIER
SAMARDJIC
80500
CHRISTOPHE
OLMSCHEID
74300
GUY JACQUES
MOESSINGER
71600
MARC
SORIA
71500
GABRIEL HERMANN LAURENT
ODIET
70600
YANNICK GEORGES
PEQUIGNOT
70100
MICHEL
JAEGLE
68000
SAMUEL
LANG
67500
AURELIEN CLAUDE LOUIS
BORNE
65500
RICHARD
DROMZEE
64300
BRUNO
DOS SANTOS CASEIRO
63100
PAULO ALEXANDRE
DOS SANTOS CASEIRO
63100
CHRISTOPHE
UNG
60500
CHAVARCH
MARGARYAN
58700
JORIS
LAPIERRE
54400
JIMMY
LAVIGNE
52400
DAVIDE
MAGNACCA
45500
BENOIT
LOPEZ
44100
STEPHANE
SCHMITT
42800
LOIC PIERRE FREDERIC
DALLEVES
42500
BERTRAND
SCHMITT
41500
GUILLAUME PASCAL GEOFFREY
GENTNER
40500
PASCAL
GROSHENS
39000
SALVATORE
SPATARO
38300
ERIC
MARCK
37300
GUILLAUME
KRIEG
28600
ABDERRAHMANE
NASRI
25900
FABIEN
BINDER
23500
DAVID
ZWINGELSTEIN
700
Pour ma part je file directement au lit pour être à l’affut demain à 12h pour le day 1B et ses dix niveaux de 40 minutes..
Cela semble évident pour beaucoup de monde : le record de la finale du Main Event du WiPT est plus qu’à portée de main : tangible. 3449 entrées, et autant de buy-in dans cette première finale délocalisée à Aix-en-Provence au Pasino Grand. Les joueurs ne cessent de se multiplier avant le Day 2, synonyme d’ITM. A suivre…
Jean-Pierre Petroli, figure incontournable de (feu) le Cercle Cadet, qui appartenait à Paul Lantieri, qui est aussi propriétaire de la grande brasserie de la Rotonde à Aix : un très bon joueur de live qui avait disparu des radars du jeu légal
Alexane Najchaus, icône Winamax
Philippe Ktoriza, une figure toujours respectée du poker hexagonal
C’était prévu, et le début de journée (qui va donc accueillir les deux dernier Day 1 du Main Event de la finale WiPT) du vendredi 4 avril a tenu toutes ses promesses : foule en continu, re-entry intempestifs pour avoir le droit de continuer à rêver de l’épée réservée au vainqueur, qui sera adoubé lundi dans la journée. D’ici là, il faudra manoeuvrer au milieu des cartes comme au milieu des files d’attente de nouveaux entrants. Plus de 1100 inscrits, déjà, pour ce Day 1e, et un petit tour de salle signé Jules Pochy, en quête de visages connus (Almira Skripchenko, en Une) et inconnus.
Les salles ne désemplissent pas, en attendant de pouvoir s’asseoir au Day 1e
La streameuse Lyegaia et son élégance naturelle
Davidi Kitai, incontournable
Rémy Biechel, élu joueur préféré du stand presse des plus de quarante ans
Fred Musa, animateur de Planète Rap et WIP régulier
Slimane Mamèche, et son sourire franc illuminent la table
Petit à petit, le field se rapproche « de l’argent ». Une obsession pour ces milliers de joueuses et joueurs qui se déplacent parfois depuis l’autre bout de la France afin de s’offrir un shot au prizepool juteux proposé par ce tournoi à seulement 500€ ? Pas certain, ou en tout cas, pas obligatoirement pour tout le monde. L’obsessions d’entrer dans l’argent (souvent pour un gain marginal, à moins d’atteindre le Top 20 du tournoi, surtout lorsqu’on a mis plusieurs bullets dans le tournoi, jusqu’à sept pour les plus opiniâtres) relève plus du défi personnel —inscrire sa première ou son énième ligne HendonMob, raconter à ses amis son run avant son badbeat qui met une halte définitive à tout rêve d’argent et de gloire— que d’un plan de carrière. Les pros, on le sait, sont de moins en moins présents dans les fields de poker, ce jeu de hasard et de talent (dans l’ordre inversé) étant devenu pour beaucoup un loisir, une récréation, une parenthèse qu’il faut garder enchantée.
Rien de plus frustrant pour un joueur, en effet, que de ne pouvoir jouer ; au piquet, pour celui qui s’interdit de jeu comme pour celui qui y est tricard du boléro. En montant le long escalator qui amène au premier étage du Pasino Grand d’Aix-en-Provence, on glisse lentement, dans le brouhaha des jetons et des files de joueurs en attente d’un siège, au beau milieu des fanions qui ornent les murs, célébrant vainqueurs et héros du Winamax Poker Tour au fil des années. Parmi les visages en gros plan, cadrés serrés, une seule photo de groupe : celle de la « Team Big Roger », victorieuse en 2013 du seul tournoi par équipe proposé lors de ces festivals. Sur l’affiche, trois visages souriants, ceux de Stéphane Bazin (depuis très rare sur le circuit poker), Antonin Teisseire (omniprésent lors des tournois du sud-est de la France et sur le circuit Partouche) et Roger « Big » Hairabedian. Ce dernier, nous en avons déjà parlé in extenso lors d’une plongée tête la première dans son éternelle télé-(ir)réalité qu’il autoproduit chaque jour ses réseaux sociaux, annonce son éternel come-back. Mais ses courbes émotionnelles, tout aussi ascendantes que descendantes, ont rendu l’opération de plus en plus délicate. Chaque espoir s’ouvre teinté d’une seule crainte pour l’observateur empathique : que rien ne voie le jour, que tout s’effondre avant d’avoir été monté, voire simplement esquissé.
On ne croisera pas Roger Hairabedian à Aix-en-Provence au WiPT 2025. Contempteur du online, ce n’est pas pour cette raison qu’il aura décidé de skip un large field comme il les aime ; il est tout bêtement interdit de tous les casinos Partouche. L’homme a du talent —il en a toujours eu et, peu importe les années qui passent, il sait signer quelques places dans les casinos qui l’accueillent encore, comme le Circus à Paris— mais aussi celui de se mettre à dos la terre entière, avec quelques obsessions à la clé en sus. On ne sait jamais vraiment, dans les nébuleux rebondissements qui peuplent ses dérives intimes, quelles sont les véritables raisons de ces interdictions de casino, fâcheries diverses et vendetta en ligne. Peut-être, finalement, n’est-ce d’ailleurs pas la question principale…
« Les centaines de choses que l’on a faites de travers dans la vie. Pas forcément à dessein : elles ont pu se produire par stupidité, maladresse, inconscience, par mégarde, pure connerie, sans arrière-pensée« , lisait-on justement à quelques minutes du coup d’envoi du Day 1E en incipit d’un roman sublime, Jours blancs (Jeroen Brouwers, 2013), sous le regard étincelant du Big Roger gagnant d’il y a une décennie. Le regard, depuis, s’est fait plus dur —parfois lucide, parfois désespéré, souvent encore joueur. « Il arrive qu’un souvenir insupportable s’en échappe, et pénètre soudain votre cerveau, pareil à un cambrioleur qui vous jette une corde à piano autour du cour, et nous serre la gorge. » Le souvenir de la victoire, de la gloire et de l’argent étrange ainsi au quotidien ceux qui ont connu de telles cimes ; la respiration de ce millier d’anonymes qui se presse sur l’escalator menant à la table de tournoi n »est que régularité et stress positif.
Que faire, lorsqu’on ne peut plus jouer ? Lorsqu’on vit à distance les grands évènements sans, parfois, ne pouvoir y participer ? A l’époque de champions sublimes comme Stu Ungar, c’était la brokitude qui interdisait toute action. Dans sa biographie, écrite par Nolan Dalla (Joueur né, 2008), l’ancien champion du monde tourne en rond, imaginant les caves s’envoyer en l’air pendant que lui rumine dans sa chambre d’hôtel miteuse du Gold Coast, à Las Vegas. En 2025, Roger Hairabedian a inventé d’autres expédients, intronisant à quelques semaines des grandes compétitions de l’année (WiPT, WSOPC, WSOP Vegas) une joueuse inconnue, Céline « Douceur » Beauchamp, 716$ au compteur de sa page HendonMob. Aux antipodes, donc, de Roger Hairabedian, 11ème joueur all time français et ses quelques 5 500 000$ de gain. On imagine, assez simplement, un contral moral de stacking avec celle qu’il estime « prête à faire de grandes choses dans le poker », sans en connaître plus de détails.
A la hargne et la grinta du parrain Hairabedian, succèderait donc la « douceur » de sa néo-protégée, Céline Beauchamp, qui a cette double tâche muette d’adoucir l’image du mentor et d’aller chercher la gagne là où les portes lui sont désormais fermées. Croisée par hasard à table lors du Day 1C de la finale du WiPT, on ne lui aura pas porté chance, puisqu’elle va sauter quelques secondes plus tard du tournoi principal. Si l’argent et la gloire médiatique sont au choix les deux mamelles qui sous-tendent le monde depuis l’époque pas si révolue de Jean Yanne (pour les plus jeunes, réalisateur & acteur anar-libertarien des années soixante), vivre par procuration le jeu, ses frissons et ses enjeux narcissiques, semble relever d’un lent supplice qu’on ne saurait conseiller à ses pires ennemis. Comment continuer à être, lorsqu’on a été ? Parmi la foule qui s’amasse au fur et à mesure que nous écrivons ces lignes, il y a sûrement dans cet horizon de rêves flottants au-dessus de chaque siège bien des nuances de fantasmes : l’action, le fun, la légende, la victoire et même la perte. Rien ne va plus, faites vos jeux.