Niveau 6 – 300/600 ante 75 – 135 joueurs – Moyenne 61 100
Comme les joueurs en action, moi aussi je sélectionne mes mains. Et alors qu’une nouvelle pause se profile à la fin de ce niveau, je viens d’enchaîner une incroyable série de premiums ! Que du bon, 100% qualité bio, élevé en plein air. Pour scénariser un peu l’ensemble, je vous présente tout cela en trois actes.
Premier acte.
Au loin, quelques flashs scintillent. C’est en général le signe d’une grosse main, de quelque chose d’atypique. Et en effet, j’arrive face à un superbe board complet composé d’un carré d’As, accompagné d’un petit 5 de Trèfle.
A tapis, Claude Mamalepot attend la décision de son adversaire, qui finit par folder. Claude annoncera avoir muck Roi Dame, pour jeu max donc. Dans pareil cas, on a déjà vu des joueurs payer avec un Cinq… Il empoche au passage un pot de plus de 50 000. Bon appétit.
Le carré magique
Ses jetons poussés derrière la ligne, Claude Mamalepot attend la décision de son adversaire capuchonné.
Deuxième acte.
Cette fois-ci, la chance me sourit davantage, puisque j’arrive à la turn. Après un flop tout à Trèfle, Pierre Mangin annonce tapis à la turn pour près de 30 000. Marcel Desloges, son adversaire, le couvre et paie immédiatement. Il retourne couleur floppée, bien devant le brelan d’As floppé de Mangin. Visiblement dégoûté, ce dernier se lève, prêt à partir, quand la croupière clémente lui retourne la carte magique, le dernier As du paquet, pour un carré river. N’importe quelle doublette aurait bien entendu fait l’affaire, mais je vous ai annoncé du premium.
La river magique
Mangin tout sourire, se rassoit, tandis que Desloges verra son tournoi s’arrêter quelques mains plus tard. Suite à ce départ, tout supporter d’une célèbre équipe de foot parisienne un tantinet taquin ou spirituel (mais cela est-il seulement imaginable ? 🙂 pourrait alors se laisser alors à cet adieu trivial : « Fiche le camp, Desloges ! ».
Pierre Mangin a bien engrangé sur ce carré d’As
Marcel Desloges, abattu après ce coup du sort et cette river torrentielle
Troisième acte.
Last but not least, un dernier coup pour la route, et juste avant le break.
Cette fois-ci, j’arrive au flop. Vous verrez, bientôt je serai en mesure de vous raconter un coup depuis le début. David Guillemain avance son tapis derrière la ligne pour plus de 40 000 sur un flop hauteur Dame assez pauvre. Vous aussi, vous sentez la premium arriver ? Patience.
Son adversaire, un joueur de la vieille école, n’a visiblement pas les nuts ni même rien qui s’en approche. Ça rumine et ça fulmine dans son coin, et rapidement David demande le time, pensant probablement qu’aucune décision ne viendra sans aide extérieure. Bingo. Sans même laisser le temps à un floor de rejoindre la table pour prendre le time, l’opposant paie le tapis de Guillemain, qu’il couvre largement. On retourne paire d’As chez Guillemain (vous aussi, vous semblez surpris) contre… As Roi chez son adversaire, pour une énorme hauteur max. Pas d’horreur, et David peut partir en break en ayant tranquillement doublé son tapis.
Le poker est-il un sport de combat ? Un loisir coûteux ouvert à toutes et tous ? Une course de fond où, comme le veut le dicton, on compte les vainqueurs à la fin du bal ? Lors de ce festival WiPT à Aix-en-Provence, comme dans toutes les grandes compétitions low-stakes ou high-stakes, c’est surtout à tout un chacun de trouver son sommet —et de l’atteindre.
Demandez à un ancien pro du poker hexagonal ce qu’il fait ici, et sa réponse fusera : « se remettre à l’ouvrage ». Après des années à avoir amorti un lourd redressement fiscal, il lui a fallu se remettre au cash-game puis, depuis le début d’année, refourbir ses armes sur le online (« pas up, pas down, c’est déjà pas mal! ») ; retenter un shot dans l’univers du tournoi ; planifier ses WSOP 2025 pour six semaines à grinder (« tranquille, pas d’alcool, un petit mini-golf de temps en temps et des bons repas entre amis ! »). Son sommet ? Revenir, peut-être. En tout cas : vivre à nouveau du poker.
Posez la même question aux jeunes Red Diamond de Winamax, qui sont foule au milieu du field, logos resplendissants sur leurs hoodies : les objectifs sont différents, chercher la gagne, monter une bankroll live, même si tout cela est souvent assez marginal par rapport aux volumes qu’ils assurent sur internet.
Le poker est une escalade sans fin, et parfois tout dérape. Seuls ceux qui ont su diversifier leurs activités autour du jeu ont l’assurance d’une vie à long terme dans le milieu du gambling. Les créateurs des premiers sites online ? Partis, souvent, dans la crypto, les NFT, et autres joyeusetés encore plus virtuelles. D’anciens pros auront suivi la même voie, l’esprit entrepreunarial en moins, et auront vite atteint un plafond de verre qui les force, malheureusement, à se lancer dans des promotions plus ou moins ponzi-esques ; d’autres, comme Almira Skripchenko, grand-maître d’échecs et ancienne membre du Team W, refont parfois leur apparition pour le simple plaisir du jeu, dans les oturnois Winamax, comme ce week-end au Main Event de la finale du WiPT.
Dans les travées du Mixed Games Hold’Em/Omaha d’hier soir, on a même vu l’une des figures les plus sympathiques du poker français, Loïc Sabatte, crêpier depuis neuf générations au marché des Jacobins au Mans, et créateur il y a plusieurs décennies du premier site du poker français, le fameux « Poker.fr ». Une autre époque pour celui qui a été un pionnier du poker associatif et qui s’émerveillait lors du tournoi des évolutions du poker live : « Cela fait cinq ans que je n’ai pas touché de cartes, et là je me rends compte à quel point le poker live a évolué, en bien. Des petits détails qui fluidifient le jeu, simplifient les structures, améliorent l’accueil client. Ce que font Texapoker, Partouche et Winamax ici, c’est formidable… » Son sommet, à lui ? « Revoir les amis, passer un bon moment, et bye bye ».
Les deux premiers Day 1 ont fini tard dans la nuit, mais sans le drama de la bulle : c’est vers 2h du matin que les 85 qualifiés du Day 1A se sont hissés jusqu’au Day 2, tandis que le tout petit Day 1B (6 tables de 9 joueurs seulement) a donné 9 qualifiés de son côté, avec, pour Sonny Franco par exemple, un petit tapis avec lequel batailler samedi prochain…
Découvrez tous les chipcounts de cette petite centaine de survivants, ici ! Rendez-vous jeudi pour la suite des Day 1, qui seront encore plus fréquentés.
Ca s’accélère côté Day 1A au moment de la pause dinner-break de 19h15, commune à tous les tournois en cours (dont le Warm Up, qui ne compte plus que cinq joueurs avant le break), et la fatigue commence à monter chez la moitié du field qui a jusqu’ici survécu à ce 1A à la structure plutôt lente (level de 30 minutes).
Les quelques inscrits au 1B, qui se joue en mode turbo afin de ne pas finir à l’aube, arrivent quant à eux à 20h tout pile, et pour le moment, on évoque quelques dizaines d’inscrits. Mais il y a fort à parier que le field grossisse petit à petit, au fur et à mesure des éliminés du 1A… Pour quelques bullets de plus, quitte à bailler un peu plus fort…