Il y a des coups qui parfois amènent à se demander si l’on est bien en train d’assister à un WPT au buy-in de 3 500 euros tellement certains jouent comme s’ils étaient sur un 5 dollars rebuy.
L’individu en question, car on en a trouvé un, n’est autre que le fish de la table de Locsta, qui lui a fait une livraison un peu plus tôt.
Alors qu’ils sont 4 joueurs à checker le flop [qc] [kc] [as], le bonhomme est le seul à caller les 3 500 de Dragan Galic sur le [jh] au turn.
Il va ensuite payer également les 4 700 du croate sur le [6c] apparu à la river. Il attend alors que Dragan révèle sa main. Le Team Pro PartyPoker retourne un 6. Le fish tapote alors la table en signe d’approbation et dirige ses cartes vers le muck. Le croupier s’en saisit et là le jeune homme se met à crier et annonce que son jeu est gagnant. Le problème est que Dragan avait lui aussi jeté sa main pensant qu’il avait remporter le coup. Le floor est appelé et après explication demande au joueur de retourner sa main pour voir si elle est vraiment gagnante. Et là à la surprise de la table, le joueur montre [ac] [ah] pour un brelan.
Toute la table s’esclaffe et voit le jeune ramasser ses jetons le regard un peu perdu. Certainement qualifié sur internet, le bonhomme a vraisemblablement plus l’habitude que l’ordinateur prenne les décisions pour lui plutôt que devoir réfléchir par lui-même.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.