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[Finale WiPT Paris — Journal off] La Familia grande

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« Toutes les familles sont dysfonctionnelles, non ? » plaisantait un ami qui écoutait patiemment son confident du jour au restaurant, à la table jouxtant ma solitude de mi-journée. Sans me retourner, j’aurais pu opiner du chef : toute organisation sociale, humaine, est par essence dysfonctionnelle, bancale, en ébullition constante, au bord du précipice mais, miracle d’un grand ordre invisible, tout se passe le plus souvent assez bien.

Le monde du poker ne déroge pas à la règle. Le poker, une grande famille ? Bien évidemment : dans ses travers comme ses passions, dans ses relations et ses antagonismes, dans ses concurrences et ses alliances. Pour les « vieux de la vieille » qui ont connu le début du poker en France —amené, d’un côté, par Bruno Fitoussi au sein de l’Aviation Club de France, il y a plus de trente ans ; de l’autre, au grand public, par Patrick Bruel et le WPT puis la room maison, Winamax—, cette famille dysfonctionnelle a bien évolué, même si la plupart des acteurs de l’époque sont encore présents.

Contrairement au mondes des joueurs où les disparus jonchent les rivages mémoriels de ceux qui écumaient les cercles de jeux de l’époque et les premiers tours européens (à l’époque, c’était Amsterdam qui faisait figure de Graal des tournois du vieux continent), le business du poker se recycle et perd peu de forces vives. Il y règne, justement, un esprit de famille. Tout le monde, ou presque, a travaillé avec l’autre. Tout le monde se connaît. S’ignore ou se jauge, s’embrasse ou se charrie. Une famille, avec ses générations, ses cousins par alliance et ses branches éloignées. De l’époque des cercles de jeux, cette grande famille a gardé bien des acteurs, depuis essaimés au sein des clubs parisiens ou chez les casinotiers. L’heure n’est plus aux troubles financements des ces Associations de Loi 1901 sans but lucratif (un bon résumé de la quadrature du cercle de l’époque), mais aux sociétés commerciales clairement gérées. La « guerre des cercles » qui avait fait les choux gras de la presse police/justice est depuis longtemps remisée dans les archives familiales du poker. Désormais, même si la concurrence entre clubs est réelle, comme pour tout secteur commercial, la plupart du temps les calendriers de tournois sont décidés en toute intelligence, et sans guerre frontale. La famille a muri, elle s’est assagie.

Côté rooms online, le marché s’est lui aussi stabilisé, et même si les trois gros opérateurs français n’organisent pas encore des tournois tous ensemble —on n’a pas, à notre mémoire, de tel exemple dans l’histoire internationale du poker— il existe un podium désormais solide en terme de marché. Winamax, numéro 1 francophone, a plié le game, évité les rachats et offres agressives de l’international, et gère avec l’esprit de famille sa société. Il suffit d’entrer dans une salle de tournoi brandée W pour croiser des têtes habituelles depuis bien des années. Les fondateurs sont encore en place, l’équipe éditoriale et marketing est profondément soudée aux racines de la société. Une famille multiple, qui occupe plusieurs étages, mais qui fonctionne à dimension humaine.

Côté tournois live, c’est avec le même sentiment de famille que Texapoker fonctionne. Au-delà du père fondateur, taiseux et professionel, généreux et discret, qu’est Apo Chantzis, on croise ses fidèles lieutenants depuis des années, toujours aux postes, et même son propre frère. Une famille sur la route, comme une caravane de cirque qui s’arrêterait à chaque ville que la France et ses diagonales de la suburbia proposent, déplie ses tables, affiche ses logos et drapeaux, remise ses costumes et ses noeuds papillons pour offrir un spectacle rodé et affûté, chaque soir, avant de repartir vers d’autres horizons.

Les salles presse sont habitées du même sentiment de familiarité. Que l’on entre dans la salle presse du World Poker Tour au Wynn à Las Vegas, tout en marbre rose et moquette épaisse, ou dans celle du WiPT, au fond du grand hangar de la porte de Versailles, on croise des profils qu’on voyait déjà lors de nos propres débuts, en 2005, dans les couloirs réfrigérés de l’Amazon Room au casino Rio à Las Vegas. Bien sûr, les corps se sont épaissis avec les années, les cheveux ont disparu ou grisonnent discrètement, mais les mêmes amitiés et inimitiés y règnent. Les rumeurs et les disputes, l’entraide et les mesquineries, les coups de main comme les paranoïas y ont la même place que dans n’importe quelle branche de la société. Comme dans une familia grande il n’y a pas de raison de revenir en arrière quant à ses propres jugements hâtifs. Le temps n’efface rien, tout au mieux laisse-t-il à chacun d’écrire ses propres vies, loin des tapis verts : l’un est devenu romancier à succès, l’autre a affronté la société bourgeoise du cinéma de la FEMIS et rêve de long-métrages, certains vivent leur passion de gloire et d’autres de famille. La famille est grande, élastique, multi-dimensionnelle, et accueille à chaque nouveau stop quelques têtes encore inconnues. Les prochaines générations, elles, ont encore le temps de se créer leurs propres embrouilles et drama intimes.

Jérôme Schmidt

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[WiPT Aix-en-Provence – journal off] À chacun son sommet

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Le poker est-il un sport de combat ? Un loisir coûteux ouvert à toutes et tous ? Une course de fond où, comme le veut le dicton, on compte les vainqueurs à la fin du bal ? Lors de ce festival WiPT à Aix-en-Provence, comme dans toutes les grandes compétitions low-stakes ou high-stakes, c’est surtout à tout un chacun de trouver son sommet —et de l’atteindre.

Demandez à un ancien pro du poker hexagonal ce qu’il fait ici, et sa réponse fusera : « se remettre à l’ouvrage ». Après des années à avoir amorti un lourd redressement fiscal, il lui a fallu se remettre au cash-game puis, depuis le début d’année, refourbir ses armes sur le online (« pas up, pas down, c’est déjà pas mal! ») ; retenter un shot dans l’univers du tournoi ; planifier ses WSOP 2025 pour six semaines à grinder (« tranquille, pas d’alcool, un petit mini-golf de temps en temps et des bons repas entre amis ! »). Son sommet ? Revenir, peut-être. En tout cas : vivre à nouveau du poker.

Posez la même question aux jeunes Red Diamond de Winamax, qui sont foule au milieu du field, logos resplendissants sur leurs hoodies : les objectifs sont différents, chercher la gagne, monter une bankroll live, même si tout cela est souvent assez marginal par rapport aux volumes qu’ils assurent sur internet.

Le poker est une escalade sans fin, et parfois tout dérape. Seuls ceux qui ont su diversifier leurs activités autour du jeu ont l’assurance d’une vie à long terme dans le milieu du gambling. Les créateurs des premiers sites online ? Partis, souvent, dans la crypto, les NFT, et autres joyeusetés encore plus virtuelles. D’anciens pros auront suivi la même voie, l’esprit entrepreunarial en moins, et auront vite atteint un plafond de verre qui les force, malheureusement, à se lancer dans des promotions plus ou moins ponzi-esques ; d’autres, comme Almira Skripchenko, grand-maître d’échecs et ancienne membre du Team W, refont parfois leur apparition pour le simple plaisir du jeu, dans les oturnois Winamax, comme ce week-end au Main Event de la finale du WiPT.

Dans les travées du Mixed Games Hold’Em/Omaha d’hier soir, on a même vu l’une des figures les plus sympathiques du poker français, Loïc Sabatte, crêpier depuis neuf générations au marché des Jacobins au Mans, et créateur il y a plusieurs décennies du premier site du poker français, le fameux « Poker.fr ». Une autre époque pour celui qui a été un pionnier du poker associatif et qui s’émerveillait lors du tournoi des évolutions du poker live : « Cela fait cinq ans que je n’ai pas touché de cartes, et là je me rends compte à quel point le poker live a évolué, en bien. Des petits détails qui fluidifient le jeu, simplifient les structures, améliorent l’accueil client. Ce que font Texapoker, Partouche et Winamax ici, c’est formidable… » Son sommet, à lui ? « Revoir les amis, passer un bon moment, et bye bye ».

 

(photo : Jules Pochy)

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[Finale WiPT – Day1A/1B] 94 qualifiés pour le Day 2 !

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Les deux premiers Day 1 ont fini tard dans la nuit, mais sans le drama de la bulle : c’est vers 2h du matin que les 85 qualifiés du Day 1A se sont hissés jusqu’au Day 2, tandis que le tout petit Day 1B (6 tables de 9 joueurs seulement) a donné 9 qualifiés de son côté, avec, pour Sonny Franco par exemple, un petit tapis avec lequel batailler samedi prochain…

Découvrez tous les chipcounts de cette petite centaine de survivants, ici ! Rendez-vous jeudi pour la suite des Day 1, qui seront encore plus fréquentés.

 

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[Finale WiPT] Du Day1A au Day1B, la fatigue commence à monter

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Ca s’accélère côté Day 1A au moment de la pause dinner-break de 19h15, commune à tous les tournois en cours (dont le Warm Up, qui ne compte plus que cinq joueurs avant le break), et la fatigue commence à monter chez la moitié du field qui a jusqu’ici survécu à ce 1A à la structure plutôt lente (level de 30 minutes).

Les quelques inscrits au 1B, qui se joue en mode turbo afin de ne pas finir à l’aube, arrivent quant à eux à 20h tout pile, et pour le moment, on évoque quelques dizaines d’inscrits. Mais il y a fort à parier que le field grossisse petit à petit, au fur et à mesure des éliminés du 1A… Pour quelques bullets de plus, quitte à bailler un peu plus fort…

 

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