Que diriez-vous d’aller jeter un œil à l’un des autres grands rendez-vous de cette excitante semaine irlandaise ? Parce qu’il n’y a pas que le Main Event dans la vie les amis. Et le High Roller, dont le coup d’envoi a été donné hier à 15 heures (16h, heure française), voit son dénouement tranquillement approcher : sept joueurs composent la table finale de cet event à 1500 €, prochainement diffusée sur les antennes de la Winamax TV – à 20h très exactement, soit 21h en France.
Le tournoi le plus cher du festival a enregistré une affluence honorable, 85 entrées au total, qui reste inférieure à celle de l’an passé : 128. L’ultime table de l’édition 2018 n’en reste pas moins prestigieuse, avec, notamment, la présence d’un petit prodige en la personne d’Upeshka De Silva. L’Américain de nationalité, présent à Dublin pour rendre visite à des amis, selon ses dires auprès des reporters de Winamax, compte un total de 2 172 000 dollars de gains en live. Tout de même.
Upeshka De Silva
Le joueur professionnel a atteint cette somme à six chiffres grâce à deux victoires WSOP en 2017 puis 2015, ainsi qu’une 36e place au Main Event de la même année. Et l’homme d’origine sri-lankaise a visiblement déjà rasé en Irlande : en témoigne sa victoire sur le High Roller de l’Irish Poker il y a même pas deux semaines. Va-t-il récidiver ici au WPO 2018 ? Réponse dans quelques heures.
Nos chances de victoire française sont quant à elles représentées par Pierre Lelandais, Damien Le Goff (régulier des WSOP) et Jérôme L’Hostis (6e au Main Event WPO Dublin 2015, 14e à l’édition 2014 et finaliste d’un 1110 € à l’EPT Barcelone 2018 pour son plus gros cash en live, 155 000 €). Ils devront en revanche se défaire du chipleader de la TF, un certain Peter Jaksland, qui écume les circuits internationaux depuis 2011.
Peter Jaksland
Pierre Lelandais
Chipcount de la table finale
Siège 1 : Pierre Lelandais (France) – 350 000
Siège 2 : Cathal Shine (Irlande) – 171 000
Siège 3 : Peter Jaksland (Danemark) – 932 000
Siège 4 : Upeshka De Silva (Etats-Unis) – 878 000
Siège 5 : Mateusz Wozniak (Pologne) – 852 000
Siège 6 : Damien Le Goff (France) – 585 000
Siège 7 : Jérôme Lhostis (France) – 485 000
Blindes : 6 000 – 12 000 / 12 000
Moyenne : 607 000
Echelle des gains
Vainqueur : 31 635 €
Runner-up : 22 590 €
3e : 16 140 €
4e : 11 530 €
5e : 8230 €
6e : 5880 €
7e : 4200 €
Ils ont fait ITM
8e : Jason Tompkins – 3000 €
9e : Aurélien Guiglini – 3000 €
10e : Max Silver – 2360 €
11e : Adrien Delmas – 2360 €
Bubble boy : Bruno « Kool Shen » Lopes. Juste avant lui, Pierre Calamusa (13e), Ivan Deyra (14e) et Guillaume Diaz (15) ont chuté à quelques encablures des places payées.
Le quatrième Day1 de la finale WiPT vient de débuter il y a deux heures et on compte déjà 134 entrants – surtout de la part de malgreux éliminés du jour précédent… Avant la cohue du 1E 35 en parallèle des 936 joueurs du Day 1C doté d’une bulle à 156 joueurs, une vingtaine de qualifiés devraient se sortir de ce turbo de nuit. Petit tour du field par Jules Pochy.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.