Chaussure pimpée à la main par Elisha, la soeur du joueur Pierrick Letalleur
Le style est toujours présent au WOP Madrid, mais la bulle a enfin éclaté ! En deux temps, après plusieurs multi-tapis simultanés qui n’ont rien donné, les deux joueurs vont sauter à la même table à quelques coups d’écart !
Mehdi El Meray, malheureux pré-bubble boy
On commence par Mehdi El Meray qui part à tapis avec sa paire de 5 au cut-off, payé instantanément par le joueur au bouton et la mauvaise nouvelle se confirme : paire d’as en face. Rien ne vient aider le joueur au board et c’en est terminé pour lui.
L’instant d’après, il faut fonce en salle Mandalay : François Pirault est à tapis. Il m’explique le coup : « Je suis à 155k pré-flop, je raise en SB 25k avec paire de dames et la BB call. Le flop sort Q-9-6, et je checke mon brelan. Il mise 30k, je call. Le turn est un 4 de pique qui ouvre un tirage couleur. Il me met à tapis, je paye et il montre Q-7 off, il est à 0% » François double pour être à 330k environ.
Vient ensuite le coup de la libération : Thomas Santerne part à tapis avec As-Q, face à lui Alexandre Dana hésite un long moment à payer avant de se lancer avec paire de valets pour un bon coin-flip à l’ancienne. Au final, deux rois et des low cards ne viennent pas aider Thomas Santerne qui est notre bubble boy du jour.
Thomas Santerne est grand
Thomas Santerne est un jeune joueur de 23 ans, un habitué du jeu online qui fait son premier event live Winamax. Il me dit qu’il est entré au jour 2 avec un peu plus de 100k et qu’il n’avait pas d’espoir particulier concernant la suite. Souhaitons-lui bonne chance pour la suite de sa carrière.
Maintenant que la bulle a éclaté, le jeu a repris son cours normal. Il ne reste plus que 270 joueurs en lice au niveau 24 (6000/12000).
Le quatrième Day1 de la finale WiPT vient de débuter il y a deux heures et on compte déjà 134 entrants – surtout de la part de malgreux éliminés du jour précédent… Avant la cohue du 1E 35 en parallèle des 936 joueurs du Day 1C doté d’une bulle à 156 joueurs, une vingtaine de qualifiés devraient se sortir de ce turbo de nuit. Petit tour du field par Jules Pochy.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.