Comme on pouvait s’y attendre, c’est Anthony Soules qui sort en premier. Après son beau début de journée, où il a réussi à attendre son moment pour réaliser une belle progression – et être pendant une heure le second au chiplead derrière l’intouchable Herrera, Soules a commencé à déjouer. Il a pris des mauvaises décisions, peut-être sous l’effet de la fatigue, qui culminent avec son bluff raté contre Omar Del Pino. Il explique d’ailleurs à Winamax qu’il y avait un historique entre eux de la journée précédente qui aurait dû l’inciter à plus de prudence. S’il parvient à la table finale, c’est avec une poignée de blinds et il perd après avoir survécu à un premier all-in – le second lui étant fatal, Q de pique – 10 de carreau de son côté contre A-8 de coeur pour Herrera, qui gagne sur un board qui ne touche personne.
Pablo Herrera n’a pas eu de chance (image Wina)
C’est ensuite au tour de Pablo Herrera de sortir sur un bad beat horrible. Passé derrière Omar del Pino en termes de jetons après avoir longtemps dominé les débats, il fait une relance à 3M de jetons au bouton sur une ouverture à 1,4M d’Angel Rodriguez UTG. Omar del Pino le sur-relance à tapis avec une paire de valets, Angel sort rapidement (il avait une paire de 3) et Pablo Herrera est ravi de payer avec une paire d’As en main. Le flop est déjà menaçant pour lui avec un dix-neuf-sept qui rajoute des outs à Omar del Pino. Puis un valet arrive à la turn, qui brise le coeur d’Herrera – le roi à la river ne change rien – qui repart tout de même avec 26000 euros.
Avec cela, Omar del Pino devient large chipleader (45M), deux fois au-dessus de son poursuivant le plus proche, Matthieu Lamagnère, surnommé « Sixcoups » et déjà auteur d’une 3ème place à Dubin en 2018 (27M). Suivent Angel Rodriguez à 16M, Hugues Mazerolle alias Chotec à 10,8M et Antonio Lopez à 8,7M.
Le fan-club d’Omar (image Wina)
Omar bénéficie également du fait d’être le favori des locaux et d’avoir de nombreux soutiens dans le public qui explosent de joie à chacun de ses exploits. On peut y retrouver notamment (à droite sur la photo ci-dessous) José Manuel Gonzalez Sanchez, l’ancien leader en fin de Day 1 qui avait disparu corps et âme dans le courant du Day 2, seulement pour revenir et faire partie des 3 joueurs à parvenir à battre les pros de la Team Winamax en heads-up pour remporter 2000 euros.
C’est ensuite au tour d’Angel Rodriguez d’être éliminé. L’Espagnol a connu quelques avaries et s’est retrouvé short stack à table. Sur un coup déjà relancé deux fois avant lui, il découvre As-Q en BB et part à tapis, seulement payé par Chotec, détenteur d’une paire d’As suffisante pour l’emporter. Angel sort en 5ème position avec 35000 euros tout de même – pas mal pour celui qui avait commencé la journée en 23ème position !
Ils ne sont plus que 4 et c’est Antonio Lopez qui se retrouve en danger en tant que plus petit tapis à la table. Il patiente autant qu’il le peut, moitié parce qu’il ne touche aucune main, moitié sans doute parce qu’il espère gagner une place sur un malentendu, mais tombé en-dessous des 5 blindes il doit se lancer avec un Q-9 de trèfle – seulement pour découvrir que son timing n’est pas idéal : Omar del Pino ne lui fait aucun cadeau avec As-Roi. Antonio repart quant à lui avec 48000 euros.
Ciao, Antonio (image Wina)
Ils ne sont plus que 3 : Omar Del Pino, toujours devant en termes de jetons, Matthieu Lamagnère, et Hugues Mazerolle, à peu près à égalité derrière. Malheureusement pour Chotec, il semble que sa provision de paires de Rois ait fait long feu – et à 1M d’euros la BB, difficile de tergiverser longtemps. Il décide de pousser son tapis de 14BB au milieu avec une paire de 2 sur une relance pré-flop d’Omar – comme il s’en expliquera par la suite à Winamax, le stream en décalé n’a pas été étranger à sa décision puisqu’il a pu s’apercevoir que la range de l’Espagnol était très large en termes d’agression. Malheureusement, Omar retourne les 7 et il est devant. Non seulement ça, mais il fait un 7 au flop – et un 7 à la turn, pour compléter son carré !
Hugues Mazerolle repart avec 67000 euros (image Wina)
Ils ne sont plus que deux ! Matthieu Lamagnère est à 38BB quand Omar Del Pino part avec un avantage à 71BB. Les compteurs sont cependant remis à zéro quelques mains plus tard, Lamagnère revenant à égalité sur une main A-Q contre As-10 après avoir glissé un peu plus loin derrière.
Omar et Matthieu (image Wina)
Cet équilibre ne va pas se maintenir longtemps. Omar continue dans son style agressif à mettre la pression sur Matthieu, qui a de plus perdu un gros tapis sur un tirage quinte ventral transformé en bluff et relancé à tapis par Omar avec seconde paire. La confrontation finale a lieu quand Sixcoups décide de payer un 3-ber à 12M de jetons de l’Espagnol avec Roi de trèfle Dame de coeur. En face il y a As de coeur, Valet de trèfle. Le flop vient Roi de coeur, Valet de coeur, 5 de coeur, pour maintenir le suspense à son comble (les odds sont alors de 51/48). Avec le 6 de carreau au turn, Omar est encore à 30% – et le 2 de coeur river lui donne la victoire finale !
Matthieu Lamagnère repart avec 94000 euros, Omar encaisse la victoire et 130000 euros, bravo à lui !
Le titre « Avec Lamagnère » ne sera pas pour cette fois (image Wina)
Et merci à toute l’équipe Winamax pour cette superbe semaine du WPO, couronnée par le record de participants au Main Event !
L’équipe Winamax (image Wina)
Mise à jour : Et j’ai complètement oublié de vous dire que Adrian Matéos n’a pas eu de réussite cette fois-ci au High Roller, puisqu’il s’est finalement incliné en 8ème position.
Le quatrième Day1 de la finale WiPT vient de débuter il y a deux heures et on compte déjà 134 entrants – surtout de la part de malgreux éliminés du jour précédent… Avant la cohue du 1E 35 en parallèle des 936 joueurs du Day 1C doté d’une bulle à 156 joueurs, une vingtaine de qualifiés devraient se sortir de ce turbo de nuit. Petit tour du field par Jules Pochy.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.