Le niveau 17 (1500/3500) commence après la pause, une partie des tables restantes étant hébergées dans cette grande salle au lustre de cristal. A la table vedette, Adrian Mateos est en difficulté, à la tête d’un tapis somme tout assez rétréci. Le joueur en UTG+1 relance à 8k, le bouton suit, et Mateos, en SB, décide de partir à tapis. UTG+1 dit non merci, mais le bouton paye pour un face-à-face A-Q contre paire de 7 pour Mateos. Une dame à la turn signifie la fin du jour 1B pour Mateos.
La paire de 7 de Mateos n’a pas suffi
Dans l’autre salle, Moundir, revenu plus ou moins au tapis de départ, part à tapis contre un joueur qui en est presque au même point. AS-7 pour lui, paire de 7 pour son adversaire, le flop n’aide en rien, il se retrouve à 10k. Il doit partir à tapis au coup d’après dans le noir ou en tout cas dans une obscurité relative, ils sont 2 à le payer, le board sort 10-8-8-5-4 et Moundir montre 6 et 7 – la quinte le fait tripler et survivre pour l’instant.
Moundir aura tout tenté ce soir
Pendant ce temps Shishi, du Club Poker Radio, s’en sort plutôt bien, avec un tapis autour des 350k ; il monte ensuite à plus de 500k et devrait voir le jour 2 sans problème. Les all-in commencent à se multiplier sur des tables de moins en moins nombreuses alors qu’on atteint la fin du niveau 19. Moundir continue sa résurrection en gagnant deux fois des tapis pré-flop (dont un avec paire de 9 contre un As-Q qui ne trouve rien) pour dépasser la barre des 100k et espérer l’impossible. A l’heure où j’écris ces lignes, il n’a plus qu’à tenir 4 mains pour passer au J2.
Je discute quelques minutes avec Aurélien Villesuzanne, après son élimination en 5 minutes, deux all-in – et 400k et quelques qui partent en fumée. D’abord au prix d’un face-à-face mortel entre son As-10 et l’As-J de son adversaire – puis sur un flop Q-J-6, payé par le même adversaire qui fait deux cœurs de plus pour compléter une couleur improbable à la river et battre le Q-J d’Aurélien.
Aurélien Villesuzanne est resté de bonne humeur malgré cette terrible sortie si près des places payées
Le dénommé Hayg Badem semble être en voie d’être notre chipleader du jour après avoir remporté un all-in monstrueux en touchant sa dame sur un classique As-Q contre As-R. Jean-Charles Rémaud, que l’on a déjà croisé lors d’un post précédent, ne devrait pas être loin derrière, puisqu’il continuait à monter aux dernières nouvelles (autour de 800k).
Hayg Badem met un terme bienvenu à ma journée. Merci Hayg !
Je garde quelques surprises pour commencer la journée demain, ne ratez pas le Day 1C !
Mise à jour de dernière minute : je viens de tomber sur Moundir, qui a décidé de tenter un geste fou pour conclure son rollercoaster émotionnel – pour le paraphraser : « Je ne voulais pas revenir en jour 2 avec seulement 13 blinds. Sur la dernière main, un joueur ouvre à 13k, payé deux fois, j’ai J-7 off, je me dis que c’est le spot parfait pour doubler ou mourir, je le mets à tapis, il hésite pendant un bon moment pour me payer avec A-7 » et pas de cadeau au tirage. Moundir est bien sûr d’ores et déjà lancé pour le jour 1C que, je vous le rappelle, vous ne devez pas rater !
Le quatrième Day1 de la finale WiPT vient de débuter il y a deux heures et on compte déjà 134 entrants – surtout de la part de malgreux éliminés du jour précédent… Avant la cohue du 1E 35 en parallèle des 936 joueurs du Day 1C doté d’une bulle à 156 joueurs, une vingtaine de qualifiés devraient se sortir de ce turbo de nuit. Petit tour du field par Jules Pochy.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.