La surprise de fin de journée : enfin un joueur francophone au sein de cet immense field du WPT Championship. Il m’aura fallu presque tout le Day 1A pour dénicher Romain Lewis, le pro du Team W alors que ses deux voisins viennent de s’échanger l’équivalent d’un stack et demi de départ, avec paire de 7 contre paire de 8 (non pas en tapis préflop c, mais sur un board dry pour les deux joueurs : 10-2-3).
A la tête d’un tapis dans la moyenne, Romain a les armes en main pour faire le cut… Mais juste après ce coup, il s’engage dans une confrontation tricky où il paye jusqu’au bout son adversaire de droite sur un board avec un As mais surtout quatre trèfles. Romain muck quand son adversaire montre Dame-10 de trèfle. Le Français y perd la moitié de son tapis.
A la même table, peu après, Bonomo, dont le tapis est conséquent, fait un strike de deux joueurs, avec paire de 9 qui fait quinte à la river contre overpaire et As-Dame. Tout le monde est médusé autour de la table, le pro américain peut sourire encore plus largement.
Bonomo a une chance insolente
En parlant de Chance, Kornuth, qu’on avait laissé mal en point en milieu de journée, s’est refait une santé, et pourra entamer le jour 2 sans être pris directement à la gorge.
Alex Foxen, son partenaire au sein de Chip Leader Coaching, est lui aussi en passe de survivre au premier jour, avec un tapis plus restreint.
Dan Shak s’est maintenu sans faire de vague toute la journée et sort devant moi un adversaire malchanceux, paire de Rois contre paire de Dames, un bon vieux set-up à l’ancienne.
A noter que Daniel Negreanu, qui n’a pas eu une journée facile, s’est accroché pour arriver jusqu’au bout du Day 1A, après ne pas avoir bougé de place de toute la journée, malgré les nombreuses éliminations.
Comme la salle principale est désormais remplie à ras bord, on est allés voir au rez-de-chaussée s’il y avait de l’action qu’on aurait manquée. Résultat, aux alentours de 16h, il sont une quarantaine réunis autour de 5 tables dans la salle habituellement dévolue au cash-game, et s’adonnent au même défi que leurs voisins du dessus, la cohue en moins. C’est dans cette ambiance bien plus feutrée que l’on tombe sur les derniers de la classe, ou plutôt les derniers entrants.
Les late-regs (ou les reentries) s’invitent ainsi dans cet écrin, et l’on y croise d’ailleurs Bruno Fitoussi pour son premier bullet du Main Event, mais aussi nombre de regs du circuit. Parmi eux, un visage enfoui sous une écharpe fine de couleur rouille, Fausto Munz, qu’on avait plutôt pris l’habitude de croiser un stylo à la main et debout derrière les tables, à faire (avec brio) son métier de couvreur pour, notamment, Winamax et, il y a bien longtemps, Poker52.
La table vient de se monter il y a un demi-tour de table seulement, et on compte déjà un éliminé. On ne connaîtra pas les détails de la confrontations sanglante, mais les masses ont déjà beaucoup bougé autour de la table (reste ici, me souffle un joueur qui a déjà doublé, ça va pas s’arrêter je sens..) et à la sixième main, la moitié du tapis d’un autre joueur y passe (plus de 30 000 jetons), tandis que le coup suivant, Fausto en UTG+2 relance à 2000 sur des blinde 400-800, relancé par la BB à 6000. C’est payé pour Fausto, qui tombe sur un flop drawy, avec 2 trèfles et cartes connectées. Bet de la BB, payé par Fausto, pour une turn qui fait entrer un tirage quinte par les deux bouts. Bet 15 000 de la BB, payé par Fausto. La river amène un nouveau trèfle pour un board qui peut faire peur à tout le monde… Bet de 35 000 de la BB, et Fausto va à tapis pour un peu plus du double. Depuis le début du coup, il cache mal son souffle saccadé, pris dans le feu de l’action : un tell qui peut dire tout, et son contraire (bluff ? main max ?). L’adversaire lâche ses cartes, et Fausto n’est pas busto.
Avec déjà 723 inscriptions enregistrées avant la première pause de la journée, ce Day 1C ne déçoit pas les prévisionistes les plus optimistes, en terme de fréquentation. Dans la salle principale de ce Main Event qui se joue en 9-handed, il a fallu pousser les trois tables des 18 finalistes du 750€ sur la scène, avec notamment une table filmée, tandis que les étages de la grande salle sont déjà utilisés pour accueillir les nouveaux entrants (ou les re-entry)…