3h14 : le gong final du Jour 2B a été sonné par les organisateurs. Des 195 pirates présents sur le périple, seuls 57 ont réussi à batailler et trouver l’une des places qualificatives pour le Jour 3. Pour l’un d’entre eux, cela s’est joué à un poil de fesses. Ce monsieur, c’est bien évidemment le bubble-boy, en la personne de Julien Kamoun. Le dernier qualifié PMU Poker s’est laissé tenter à un resteal à tapis (57 000) de SB après une relance à 14 000 de Julien Breuil, situé au bouton, et en possession d’un plus gros capital.
Ce dernier a tank quelques instants avant d’annoncer le fameux call. pour le second Julien, paire de huit chez le premier, et un board , entraînant une salve d’applaudissements partout dans la salle. 56 hommes sont libérés d’un poids d’un coup tout léger, tous assurés de repartir avec un petit quelque chose, 2 500 euros en l’occurrence.
Avant ça, on a malheureusement perdu la trace de notre Davidi Kitai national. Le Team Pro Winamax a d’abord fait doubler un short stack pour tomber à quatre blindes, avant de les engager à quelques mains de la fin, sans grande réussite. Next time Kitbul !
Je vous évoquais le cas Ouassini Mansouri plus tôt dans ces colonnes : pour comprendre comment l’animal à grimpé à 800 000, je vous invite à consulter ce post. La suite ? « Je les ai défoncé », m’a glissé Ouass’ au cours de la soirée, qui n’a cessé de grappiller des jetons à la force du poignet pour se constituer un mastodonte stack d’1,103 million, suffisant pour trôner tout en haut du classement, Jour 2A et 2B confondus. Derrière lui, un certain Manuel Fischer le talonne de près avec 1 030 000. Le top 5 est également constitué d’un Abdelhamid El Khayati (694 000) plutôt chaud d’action, sur lequel nous garderons un œil attentif.
Notons également les qualifications du serial perfeur WPT Laurent Polito (355 000), Benjamin Souriau (310 000), Tarek Bouchama (290 000), du champion EPT Monte-Carlo 2018 Nicolas Dumont (270 000), Omar Lakhdari (240 000), Miroslav Alilovic (233 000), Franck Kalfon (170 000), Medhi Ferrah (168 000) ou encore Florent Estegassy (72 000).
Eliminations notables Jour 2B : Xavier Sitruk, Samy Salah, Stéphane Benadiba, Romain Follet, Matthieu Sustrac, Rabah Ait Abdelmalek, Kalidou Sow, Nicolas Ribeiro, Florian Duta, Guillaume Dupuy, Jérôme Brion, Lionel Rozenberg, Emrah Cakmak, Christophe Bouziane, Vincent Cavailles, Erwann Pecheux, Thi Nguyen, Saoudi Mimène, Giuseppe Zarbo, Marvin Dupré, Davidi Kitai
Chipleader – Ouassini Mansouri : 1 103 000
2e – Ahmed Haddouche : 892 000
3e – Abdelhamid El Khayati : 694 000
4e – Marcin Wydrowski : 580 000
5e – Mohamed Joudar : 536 000
6e – Ahmad Esmail : 460 000
7e – David Hu : 453 000
8e – Yucheng Liu : 436 000
9e – Jean-Yves Chicheportiche : 434 000
Laurent Polito
10e – Patrick Kallas : 406 000
Samy Ouellani : 368 000
Laurent Polito : 355 000
Benjamin Bohbot : 352 000
Florian Montes : 320 000
Benjamin Souriau : 310 000
Julien Veyssiere : 307 000
Sergei Illarionov : 303 000
Tarek Bouchama : 290 000
Lianmin Bal : 286 000
Omar Lakhdari
20e – Nicolas Dumont : 270 000
Julien Breuil : 262 000
Miguel Neves : 245 000
Kacper Pyzara : 244 000
Loïc Dobrigna : 241 000
Omar Lakhdari : 240 000
Miroslav Alilovic : 233 000
Drice Hamza : 193 000
Jonathan Benbaron : 191 000
Kidhir Megrous : 180 000
C’était prévu, et le début de journée (qui va donc accueillir les deux dernier Day 1 du Main Event de la finale WiPT) du vendredi 4 avril a tenu toutes ses promesses : foule en continu, re-entry intempestifs pour avoir le droit de continuer à rêver de l’épée réservée au vainqueur, qui sera adoubé lundi dans la journée. D’ici là, il faudra manoeuvrer au milieu des cartes comme au milieu des files d’attente de nouveaux entrants. Plus de 1100 inscrits, déjà, pour ce Day 1e, et un petit tour de salle signé Jules Pochy, en quête de visages connus (Almira Skripchenko, en Une) et inconnus.
Les salles ne désemplissent pas, en attendant de pouvoir s’asseoir au Day 1e
La streameuse Lyegaia et son élégance naturelle
Davidi Kitai, incontournable
Rémy Biechel, élu joueur préféré du stand presse des plus de quarante ans
Fred Musa, animateur de Planète Rap et WIP régulier
Slimane Mamèche, et son sourire franc illuminent la table
Petit à petit, le field se rapproche « de l’argent ». Une obsession pour ces milliers de joueuses et joueurs qui se déplacent parfois depuis l’autre bout de la France afin de s’offrir un shot au prizepool juteux proposé par ce tournoi à seulement 500€ ? Pas certain, ou en tout cas, pas obligatoirement pour tout le monde. L’obsessions d’entrer dans l’argent (souvent pour un gain marginal, à moins d’atteindre le Top 20 du tournoi, surtout lorsqu’on a mis plusieurs bullets dans le tournoi, jusqu’à sept pour les plus opiniâtres) relève plus du défi personnel —inscrire sa première ou son énième ligne HendonMob, raconter à ses amis son run avant son badbeat qui met une halte définitive à tout rêve d’argent et de gloire— que d’un plan de carrière. Les pros, on le sait, sont de moins en moins présents dans les fields de poker, ce jeu de hasard et de talent (dans l’ordre inversé) étant devenu pour beaucoup un loisir, une récréation, une parenthèse qu’il faut garder enchantée.
Rien de plus frustrant pour un joueur, en effet, que de ne pouvoir jouer ; au piquet, pour celui qui s’interdit de jeu comme pour celui qui y est tricard du boléro. En montant le long escalator qui amène au premier étage du Pasino Grand d’Aix-en-Provence, on glisse lentement, dans le brouhaha des jetons et des files de joueurs en attente d’un siège, au beau milieu des fanions qui ornent les murs, célébrant vainqueurs et héros du Winamax Poker Tour au fil des années. Parmi les visages en gros plan, cadrés serrés, une seule photo de groupe : celle de la « Team Big Roger », victorieuse en 2013 du seul tournoi par équipe proposé lors de ces festivals. Sur l’affiche, trois visages souriants, ceux de Stéphane Bazin (depuis très rare sur le circuit poker), Antonin Teisseire (omniprésent lors des tournois du sud-est de la France et sur le circuit Partouche) et Roger « Big » Hairabedian. Ce dernier, nous en avons déjà parlé in extenso lors d’une plongée tête la première dans son éternelle télé-(ir)réalité qu’il autoproduit chaque jour ses réseaux sociaux, annonce son éternel come-back. Mais ses courbes émotionnelles, tout aussi ascendantes que descendantes, ont rendu l’opération de plus en plus délicate. Chaque espoir s’ouvre teinté d’une seule crainte pour l’observateur empathique : que rien ne voie le jour, que tout s’effondre avant d’avoir été monté, voire simplement esquissé.
On ne croisera pas Roger Hairabedian à Aix-en-Provence au WiPT 2025. Contempteur du online, ce n’est pas pour cette raison qu’il aura décidé de skip un large field comme il les aime ; il est tout bêtement interdit de tous les casinos Partouche. L’homme a du talent —il en a toujours eu et, peu importe les années qui passent, il sait signer quelques places dans les casinos qui l’accueillent encore, comme le Circus à Paris— mais aussi celui de se mettre à dos la terre entière, avec quelques obsessions à la clé en sus. On ne sait jamais vraiment, dans les nébuleux rebondissements qui peuplent ses dérives intimes, quelles sont les véritables raisons de ces interdictions de casino, fâcheries diverses et vendetta en ligne. Peut-être, finalement, n’est-ce d’ailleurs pas la question principale…
« Les centaines de choses que l’on a faites de travers dans la vie. Pas forcément à dessein : elles ont pu se produire par stupidité, maladresse, inconscience, par mégarde, pure connerie, sans arrière-pensée« , lisait-on justement à quelques minutes du coup d’envoi du Day 1E en incipit d’un roman sublime, Jours blancs (Jeroen Brouwers, 2013), sous le regard étincelant du Big Roger gagnant d’il y a une décennie. Le regard, depuis, s’est fait plus dur —parfois lucide, parfois désespéré, souvent encore joueur. « Il arrive qu’un souvenir insupportable s’en échappe, et pénètre soudain votre cerveau, pareil à un cambrioleur qui vous jette une corde à piano autour du cour, et nous serre la gorge. » Le souvenir de la victoire, de la gloire et de l’argent étrange ainsi au quotidien ceux qui ont connu de telles cimes ; la respiration de ce millier d’anonymes qui se presse sur l’escalator menant à la table de tournoi n »est que régularité et stress positif.
Que faire, lorsqu’on ne peut plus jouer ? Lorsqu’on vit à distance les grands évènements sans, parfois, ne pouvoir y participer ? A l’époque de champions sublimes comme Stu Ungar, c’était la brokitude qui interdisait toute action. Dans sa biographie, écrite par Nolan Dalla (Joueur né, 2008), l’ancien champion du monde tourne en rond, imaginant les caves s’envoyer en l’air pendant que lui rumine dans sa chambre d’hôtel miteuse du Gold Coast, à Las Vegas. En 2025, Roger Hairabedian a inventé d’autres expédients, intronisant à quelques semaines des grandes compétitions de l’année (WiPT, WSOPC, WSOP Vegas) une joueuse inconnue, Céline « Douceur » Beauchamp, 716$ au compteur de sa page HendonMob. Aux antipodes, donc, de Roger Hairabedian, 11ème joueur all time français et ses quelques 5 500 000$ de gain. On imagine, assez simplement, un contral moral de stacking avec celle qu’il estime « prête à faire de grandes choses dans le poker », sans en connaître plus de détails.
A la hargne et la grinta du parrain Hairabedian, succèderait donc la « douceur » de sa néo-protégée, Céline Beauchamp, qui a cette double tâche muette d’adoucir l’image du mentor et d’aller chercher la gagne là où les portes lui sont désormais fermées. Croisée par hasard à table lors du Day 1C de la finale du WiPT, on ne lui aura pas porté chance, puisqu’elle va sauter quelques secondes plus tard du tournoi principal. Si l’argent et la gloire médiatique sont au choix les deux mamelles qui sous-tendent le monde depuis l’époque pas si révolue de Jean Yanne (pour les plus jeunes, réalisateur & acteur anar-libertarien des années soixante), vivre par procuration le jeu, ses frissons et ses enjeux narcissiques, semble relever d’un lent supplice qu’on ne saurait conseiller à ses pires ennemis. Comment continuer à être, lorsqu’on a été ? Parmi la foule qui s’amasse au fur et à mesure que nous écrivons ces lignes, il y a sûrement dans cet horizon de rêves flottants au-dessus de chaque siège bien des nuances de fantasmes : l’action, le fun, la légende, la victoire et même la perte. Rien ne va plus, faites vos jeux.
Avec plus de 1000 entrées cumulées sur les Day 1c et 1D, la montée en puissance de la finale du WiPT n’a pas déçu les observateurs : salle comble, aucune attente, bonne humeur omniprésente – c’est le sans faute absolu aussi bien en local grâce au staff du Pasino Grand que du côté des équipes Texapoker et Winamax. La journée s’est finie tard dans la nuit et on a vu, entre autres, le WIP Moundir passer haut la main la journée, avec un beau tapis. Découvrez le chipcount des joueurs ITM et qualifiés pour le Day 2 ici