Le week end à Las Vegas ce n’est pas le moment de prendre des congés. Surtout en ce moment ! Les bracelets pleuvent. Retour sur un gros week end :
Event #23: THE MARATHON – $2,620 No-Limit Hold’em :
Ce tournoi avec une strucuture très lente : 26200 jetons de départ pour des niveaux de 100 minutes, s’est joué sur cinq jours !
Si Faraz Jaka s’est incliné en 5ème position, c’est le vénézuélien Joseph Di Rosa Rojas qui s’est imposé pour la belle somme de 690 469$ en battant un field de 1759 joueurs.
Le premier français pointe son nez à la 73ème positio, Alexandre Réard remporte 7602$ pour cette performance.
1
Joseph Di Rosa Rojas
Venezuela
$690,469
2
Alexander Lynskey
Australia
$426,663
3
Jeffrey Tomlinson
United States
$307,728
4
Tim Reilly
United States
$224,316
5
Julian Stuer
Germany
$165,277
6
Faraz Jaka
United States
$123,105
7
Andrew Jernigan
United States
$92,705
8
Pratik Ghatge
United Kingdom
$70,590
Event #25: $1,000 Pot-Limit Omaha
1058 joueurs dans cette variante à 4 cartes ! Et un vainqueur Tyler Goth qui domine une table finale quasiment américaine à l’exception de Igor Shraskin seul étranger de cette table finale.
Alexandre Fradin 51ème remporte 3031$.
1
Tyler Groth
United States
$179,126
2
Jonathan Zarin
United States
$110,655
3
Allan Le
United States
$78,372
4
Darren Taylor
United Kingdom
$56,224
5
Igor Sharaskin
Russia
$40,862
6
Adam Brown
United States
$30,090
7
Daniel Spencer
United States
$22,456
8
Mark Zullo
United States
$16,986
9
Casey Carroll
United States
$13,026
Event #26: $10,000 Razz Championship
Epreuve reine de celui qui fera la plus mauvaise main de poker, ce tournoi à 10 000$ jouée en Razz a vu 97 joueurs.
Ainsi nous retrouvons logiquement des têtes bien connues en table finale et un vainqueur qui est passé à coté d’un bracelet au début de ces WSOP mais qui n’a pas loupé le second. James Obst remporte ainsi ce beau tournoi.
1
James Obst
Australia
$265,138
2
Eric Kurtzman
United States
$163,867
3
David « ODB » Baker
United States
$112,645
4
Andrey Zhigalov
Russia
$79,616
5
Anthony Zinno
United States
$57,903
6
Brandon Shack-Harris
United States
$43,370
7
Jyri Merivirta
Finland
$33,485
8
Jack Duong
United States
$26,674
9
Nick Schulman
United States
$21,946
Event #27: $3,000 No-Limit Hold’em 6-Handed
Les français l’attendaient tous ! Du 6-max, à 3000$ mais c’était sans compter sur le génie Online qui maitrise à la perfection se format. Chris Moorman bien connu pour avoir gagné des millions de dollars en tournoi live s’impose cette fois ci et remporte ainsi son tout premier bracelet et dépasse également les cinq millions de dollars en tournoi live :
Chris Moorman
A noter la 8ème place de Julien Martini !
1
Chris Moorman
United Kingdom
$498,682
2
Bernardo Dias
Brazil
$308,166
3
Michael Gagliano
United States
$210,139
4
Steve Sung
United States
$145,634
5
John Gorsuch
United States
$102,605
6
Max Silver
United Kingdom
$73,510
Event #28: $1,500 Limit 2-7 Lowball Triple Draw :
1
Brian Brubaker
USA
$109,967
2
Brendan Taylor
USA
$67,952
3
Jason Riesenberg
USA
$43,597
4
Max Kruse
Germany
$28,740
5
Dean Kerl
USA
$19,482
6
Rick Fuller
USA
$13,591
Event #29: $2,500 No-Limit Hold’em
beaucoup de français au départ de ce 2500$ mais à l’arrivée encore une fois un américain avec un bracelet :
1
Gaurav Raina
United States
$456,822
2
James Calvo
United States
$282,276
3
Asi Moshe
Israel
$199,718
4
Eddy Sabat
United States
$143,148
5
Eric Cloutier
Canada
$103,957
6
Griffin Abel
United States
$76,506
7
Henric Stenholm
Sweden
$57,068
8
Giuseppe Pantaleo
Germany
$43,154
9
Scott Margereson
United Kingdom
$33,087
Event #30: $10,000 H.O.R.S.E. Championship :
Après avoir remporté l’event #11 David Bach s’est senti bien en confiance ! Et c’est avec cette belle confiance qu’il s’est octroyé un deuxième bracelet cet été ! Le premier doublé de l’été lui revient donc et il empoche cette fois ci 383 208$ qui ajoutera aux 119,399$ de sa première victoire :
C’était prévu, et le début de journée (qui va donc accueillir les deux dernier Day 1 du Main Event de la finale WiPT) du vendredi 4 avril a tenu toutes ses promesses : foule en continu, re-entry intempestifs pour avoir le droit de continuer à rêver de l’épée réservée au vainqueur, qui sera adoubé lundi dans la journée. D’ici là, il faudra manoeuvrer au milieu des cartes comme au milieu des files d’attente de nouveaux entrants. Plus de 1100 inscrits, déjà, pour ce Day 1e, et un petit tour de salle signé Jules Pochy, en quête de visages connus (Almira Skripchenko, en Une) et inconnus.
Les salles ne désemplissent pas, en attendant de pouvoir s’asseoir au Day 1e
La streameuse Lyegaia et son élégance naturelle
Davidi Kitai, incontournable
Rémy Biechel, élu joueur préféré du stand presse des plus de quarante ans
Fred Musa, animateur de Planète Rap et WIP régulier
Slimane Mamèche, et son sourire franc illuminent la table
Petit à petit, le field se rapproche « de l’argent ». Une obsession pour ces milliers de joueuses et joueurs qui se déplacent parfois depuis l’autre bout de la France afin de s’offrir un shot au prizepool juteux proposé par ce tournoi à seulement 500€ ? Pas certain, ou en tout cas, pas obligatoirement pour tout le monde. L’obsessions d’entrer dans l’argent (souvent pour un gain marginal, à moins d’atteindre le Top 20 du tournoi, surtout lorsqu’on a mis plusieurs bullets dans le tournoi, jusqu’à sept pour les plus opiniâtres) relève plus du défi personnel —inscrire sa première ou son énième ligne HendonMob, raconter à ses amis son run avant son badbeat qui met une halte définitive à tout rêve d’argent et de gloire— que d’un plan de carrière. Les pros, on le sait, sont de moins en moins présents dans les fields de poker, ce jeu de hasard et de talent (dans l’ordre inversé) étant devenu pour beaucoup un loisir, une récréation, une parenthèse qu’il faut garder enchantée.
Rien de plus frustrant pour un joueur, en effet, que de ne pouvoir jouer ; au piquet, pour celui qui s’interdit de jeu comme pour celui qui y est tricard du boléro. En montant le long escalator qui amène au premier étage du Pasino Grand d’Aix-en-Provence, on glisse lentement, dans le brouhaha des jetons et des files de joueurs en attente d’un siège, au beau milieu des fanions qui ornent les murs, célébrant vainqueurs et héros du Winamax Poker Tour au fil des années. Parmi les visages en gros plan, cadrés serrés, une seule photo de groupe : celle de la « Team Big Roger », victorieuse en 2013 du seul tournoi par équipe proposé lors de ces festivals. Sur l’affiche, trois visages souriants, ceux de Stéphane Bazin (depuis très rare sur le circuit poker), Antonin Teisseire (omniprésent lors des tournois du sud-est de la France et sur le circuit Partouche) et Roger « Big » Hairabedian. Ce dernier, nous en avons déjà parlé in extenso lors d’une plongée tête la première dans son éternelle télé-(ir)réalité qu’il autoproduit chaque jour ses réseaux sociaux, annonce son éternel come-back. Mais ses courbes émotionnelles, tout aussi ascendantes que descendantes, ont rendu l’opération de plus en plus délicate. Chaque espoir s’ouvre teinté d’une seule crainte pour l’observateur empathique : que rien ne voie le jour, que tout s’effondre avant d’avoir été monté, voire simplement esquissé.
On ne croisera pas Roger Hairabedian à Aix-en-Provence au WiPT 2025. Contempteur du online, ce n’est pas pour cette raison qu’il aura décidé de skip un large field comme il les aime ; il est tout bêtement interdit de tous les casinos Partouche. L’homme a du talent —il en a toujours eu et, peu importe les années qui passent, il sait signer quelques places dans les casinos qui l’accueillent encore, comme le Circus à Paris— mais aussi celui de se mettre à dos la terre entière, avec quelques obsessions à la clé en sus. On ne sait jamais vraiment, dans les nébuleux rebondissements qui peuplent ses dérives intimes, quelles sont les véritables raisons de ces interdictions de casino, fâcheries diverses et vendetta en ligne. Peut-être, finalement, n’est-ce d’ailleurs pas la question principale…
« Les centaines de choses que l’on a faites de travers dans la vie. Pas forcément à dessein : elles ont pu se produire par stupidité, maladresse, inconscience, par mégarde, pure connerie, sans arrière-pensée« , lisait-on justement à quelques minutes du coup d’envoi du Day 1E en incipit d’un roman sublime, Jours blancs (Jeroen Brouwers, 2013), sous le regard étincelant du Big Roger gagnant d’il y a une décennie. Le regard, depuis, s’est fait plus dur —parfois lucide, parfois désespéré, souvent encore joueur. « Il arrive qu’un souvenir insupportable s’en échappe, et pénètre soudain votre cerveau, pareil à un cambrioleur qui vous jette une corde à piano autour du cour, et nous serre la gorge. » Le souvenir de la victoire, de la gloire et de l’argent étrange ainsi au quotidien ceux qui ont connu de telles cimes ; la respiration de ce millier d’anonymes qui se presse sur l’escalator menant à la table de tournoi n »est que régularité et stress positif.
Que faire, lorsqu’on ne peut plus jouer ? Lorsqu’on vit à distance les grands évènements sans, parfois, ne pouvoir y participer ? A l’époque de champions sublimes comme Stu Ungar, c’était la brokitude qui interdisait toute action. Dans sa biographie, écrite par Nolan Dalla (Joueur né, 2008), l’ancien champion du monde tourne en rond, imaginant les caves s’envoyer en l’air pendant que lui rumine dans sa chambre d’hôtel miteuse du Gold Coast, à Las Vegas. En 2025, Roger Hairabedian a inventé d’autres expédients, intronisant à quelques semaines des grandes compétitions de l’année (WiPT, WSOPC, WSOP Vegas) une joueuse inconnue, Céline « Douceur » Beauchamp, 716$ au compteur de sa page HendonMob. Aux antipodes, donc, de Roger Hairabedian, 11ème joueur all time français et ses quelques 5 500 000$ de gain. On imagine, assez simplement, un contral moral de stacking avec celle qu’il estime « prête à faire de grandes choses dans le poker », sans en connaître plus de détails.
A la hargne et la grinta du parrain Hairabedian, succèderait donc la « douceur » de sa néo-protégée, Céline Beauchamp, qui a cette double tâche muette d’adoucir l’image du mentor et d’aller chercher la gagne là où les portes lui sont désormais fermées. Croisée par hasard à table lors du Day 1C de la finale du WiPT, on ne lui aura pas porté chance, puisqu’elle va sauter quelques secondes plus tard du tournoi principal. Si l’argent et la gloire médiatique sont au choix les deux mamelles qui sous-tendent le monde depuis l’époque pas si révolue de Jean Yanne (pour les plus jeunes, réalisateur & acteur anar-libertarien des années soixante), vivre par procuration le jeu, ses frissons et ses enjeux narcissiques, semble relever d’un lent supplice qu’on ne saurait conseiller à ses pires ennemis. Comment continuer à être, lorsqu’on a été ? Parmi la foule qui s’amasse au fur et à mesure que nous écrivons ces lignes, il y a sûrement dans cet horizon de rêves flottants au-dessus de chaque siège bien des nuances de fantasmes : l’action, le fun, la légende, la victoire et même la perte. Rien ne va plus, faites vos jeux.
Alors que les inscriptions au Day 1c touchent à leur fin, à quelques minutes du dinner-break et du Day 1d qui va se jouer en turbo, on croise de plus en plus de têtes connues, affublées du W rouge synonyme d’appartenance au Team W ou quelques WIP, souvent venus plus tôt que leurs aînés en technique GTO. De la sublime, forcément sublime, Erika Moulet (nous ne sommes pas objectifs) aux légendes comme Adrian Mateos, Davidi Kitai et Gus Hansen, notre photographe Jules Pochy a également croisé Kool Shen, Moundir, Julien Sitbon, Alexane Najchaus, Pierre Calamusa, Leo Margets et Romain Lewis.